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Assembleur MIPS32 / Travaux Pratiques

Travaux Pratiques : Début sur le Simulateur MARS

Préambule

Ce premier TP a pour but de vous familiariser avec l'outil MARS. Le simulateur MARS modélise un petit système composé d'un processeur MIPS32 et d'une mémoire, sans faire d'hypothèse sur l'architecture interne du processeur, qui est considéré comme une boîte noire, capable d'exécuter séquentiellement (instruction par instruction) un code binaire stocké en mémoire.

MARS fait l'hypothèse qu'un programme utilise trois segments en mémoire :

  • Le segment text, qui contient le code binaire exécutable du programme (c'est-à-dire les instructions).
  • Le segment data, qui contient les données globales du programme (dont les valeurs peuvent être initialisées).
  • Le segment stack, qui contient la pile d'exécution du programme (les variables locales aux fonctions).

L'interface graphique de MARS vous permet d'examiner les valeurs contenues dans chacun de ces trois segments.

Le logiciel MARS fournit en pratique trois services distincts :

  1. Editeur: il contient un éditeur de texte permettant de saisir et de sauvegarder sur disque un programme écrit en langage d'assemblage.
  2. Assembleur : à partir d'un fichier source en langage d'assemblage, il réalise l'assemblage, c'est-à-dire la génération du code binaire. Il effectue également le chargement en mémoire de ce code binaire dans les deux segments text et data.
  3. Simulateur : après chargement du code binaire en mémoire, il simule l'exécution en mode pas-à-pas, en vous permettant de visualiser comment l'exécution de chaque instruction modifie l'état du système (c'est-à-dire les valeurs stockées dans la mémoire externe et dans les registres internes du processeur).

Le langage d'assemblage est décrit dans le document MIPS32 : Langage d'assemblage. MARS prend en entrée un fichier en langage d'assemblage possédant l'extension ".s". Pour MARS, la structure d'un fichier nom.s doit être la suivante :

.data               # début de la section des données globales
    label1: .word   0x3F, 0x45
    label2: .asciiz "b"

.text               # début de la section instructions (code) en mémoire
.globl  main        # définition du point d'entrée du programme
main:
    la  $5, label1  # première instruction du programme
    lw  $8, 4($5)
    ...
    ori $2, $0, 10  # appel système numéro 10 pour terminer le programme (exit (0))
    syscall

1. Addition de deux valeurs stockées en mémoire

  • Saisir, soit sous votre éditeur de texte favori, soit en utilisant l'éditeur intégré dans l'outil MARS, le programme de calcul de la somme de deux nombres rangés en mémoire et sauvez le fichier sous le nom sum.s.
  • Définissez les valeurs des variables d'environnement UNIX utilisées par le logiciel MARS, en suivant les recommandations du manuel de configuration?.
  • Vous pouvez maintenant lancer le simulateur MARS, en tapant la commande :
$ mars  &

Si le terminal vous répond qu'il ne trouve pas la commande mars, c'est que l'environnement du terminal n'a pas été correctement configuré. Si le problème persiste, demandez de l'aide à votre encadrant.

  • Lancez l'assemblage et le chargement du programme sum.s.
  • Prenez le temps de vérifier que le segment text de la mémoire contient bien le code binaire correspondant au programme que vous avez écrit. XSPIM range ce segment à l'adresse 0x00400000. À quoi correspond la première instruction du segment text ?
  • Prenez le temps de vérifier que le segment data de la mémoire contient bien les variables globales que vous avez définies et initialisées. À quelles adresses sont rangées les trois variables var1, var2 et var3 ?
  • Lancez l'exécution du programme en mode pas à pas (commande step), en analysant pour chaque instruction quels registres du processeur et quelles cases de la mémoire externe ont été modifiées.

2. Somme des dix premiers entiers

  • Saisir le programme de calcul de la somme des dix premiers nombres entiers. Sauvez le sous le nom sum10.s.
  • Lancez le simulateur MARS, lancez l'assemblage et le chargement du programme sum10.s, vérifiez que les segments text et data sont sont correctement initialisés, puis lancez l'exécution et vérifiez le résultat obtenu.

Fonctions imbriquées et récursives

Préambule

Nous allons étudier comment les conventions définies pour les appels de fonctions permettent à une fonction d'en appeler une (ou plusieurs) autre(s), voire de s'appeler elle-même dans le cas des fonctions récursives.

1. Moyenne de N entiers stockés dans un tableau

On souhaite écrire en assembleur MIPS32 le programme C qui calcule la valeur moyenne de tous les entiers (non négatifs) stockés dans un tableau de dimension quelconque. Par convention, et pour pouvoir réutiliser la fonction sumtab(), on suppose que le dernier élément du tableau possède une valeur négative. Ce dernier élément n'est pas pris en compte dans le calcul de la moyenne.

Le programme principal appelle la fonction arimean() qui a pour seul argument un pointeur sur un tableau d'entiers. Elle renvoie la valeur de la moyenne arithmétique des éléments du tableau (tronquée à la valeur entière inférieure). La fonction arimean() appelle elle-même la fonction sizetab() qui prend pour seul argument le pointeur sur le tableau, et renvoie le nombre d'éléments non négatifs contenus dans le tableau. Elle appelle ensuite la fonction sumtab(), qui calcule la somme de tous les entiers non négatifs contenus dans le tableau. Elle effectue la division entière et renvoie le quotient au programme appelant.

L'ensemble du programme s'écrit en C de la façon suivante :

#include <stdio.h>

/* variables globales initialisées */
int tab[] = {23, 7, 12, 513, -1} ;

/* programme principal */
int main(void)
{
    int x = arimean(tab);
    printf(" %h ", x);
    return 0;
}

/* cette fonction renvoie la moyenne arithmétique des éléments d'un tableau */
int arimean(int t[])
{
    int n = sizetab(t);
    int x = sumtab(t);
    return (x / n);
}

/* cette fonction renvoie le nombre d'éléments d'un tableau */
int sizetab(int t[])
{
    int index = 0;
    while (t[index] >= 0)
    {
        index++;
    }
    return index;
}

/* cette fonction renvoie la somme des éléments d'un tableau */
int sumtab(int t[])
{
    int accu = 0;
    int index = 0;
    while(t[index] >= 0)
    {
        accu = accu + t[index];
        index++;
    }
    return accu;
}
  • Écrire le programme assembleur correspondant à ce programme C, et exécutez-le à l'aide du simulateur MARS. Commencer, pour chaque fonction, à déterminer les valeurs nr, nvet 'na`. Vous pouvez aussi dessiner l'état de la pile à l'entrée dans une fonction et après son prologue.

2. Fonctions récursives : calcul de la factorielle

On souhaite écrire en langage d'assemblage MIPS32 le programme de calcul de la factorielle d'un nombre entier positif. On rappelle que fact(n) se note n!, et vaut :

n! = n * (n-1) * (n-2) * .. * 2 * 1

On peut également définir la fonction factorielle par la relation de récursion suivante :

  • n!  = (n-1)! * n (si n > 0)
  • 0! = 1

En utilisant cette définition récursive, on peut écrire un programme C qui calcule la factorielle d'un entier quelconque, en utilisant la fonction fact(n), définie ci-dessous en langage C :

/* fonction fact */
int fact(int n)
{
    if (n == 0)
    {
        /* cas terminal */
        return 1;
    }
    else
    {
        /* récursion */
        return fact(n - 1) * n;
    }
}

/* programme principal */
int main(void)
{
    printf("%h\n", fact(5));
    return 0;
}
  • Écrire le code assembleur du programme principal et de la fonction fact(). La fonction fact() possède une seule variable locale et utilise deux registres. Exécutez ce programme sous MARS. Représenter graphiquement les valeurs contenues dans la pile après une exécution du programme lorsque la valeur de n vaut '3'.
  • Que se passe-t-il lorsque la valeur du paramètre 'n' est positive mais très grande (égale à 1000 par exemple) ?
  • Que se passe-t-il lorsque la valeur du paramètre 'n' est négative ?
  • Que peut-on faire pour résoudre ces difficultés ?
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